Fiche technique 360°

Le Salona 45 « Rackham »

Tout le bateau : caractéristiques, systèmes, et quoi faire en cas de panne — à garder à bord.

SALONA 45 « RACKHAM » — DOCUMENT TECHNIQUE 360°

Navire : Salona 45, année 2007 — chantier AD Boats (Croatie, devenu Salona Yachts), architecte J&J Design. Usage de ce document : tout connaître du modèle + savoir quoi faire en cas de panne, à bord. Départ envisagé : 2 septembre 2026 (Port Camargue → Baléares → Tanger, puis potentiel Canaries/Atlantique).

Bouclier de Vérité. Ce document croise l'annonce du bateau (xboat.fr), les essais de presse (Cruising World, Sailing World, SAIL Magazine), sailboatdata et des retours de propriétaires (forums). Chaque donnée non certaine est marquée « à vérifier ». Les valeurs commerciales varient d'une version à l'autre : les papiers du bord (acte de francisation, plaque constructeur, manuel Yanmar) et une vérification physique priment sur tout ce qui est écrit ici. Rien n'est comblé par de l'invention : quand une info manque, c'est dit.

1. IDENTITÉ & CARACTÉRISTIQUES

Le Salona 45 est un croiseur-régate (racer/cruiser) dessiné par J&J Design, construit en Croatie à partir de 2006. Philosophie : un vrai voilier de performance (solutions issues de la course) gardant un bon niveau de confort. Trois aménagements existaient d'usine (régate / croisière / charter), le plus courant étant 3 cabines doubles + 2 salles d'eau.

Tableau de synthèse

DonnéeValeur retenueSource / remarque
Longueur hors-tout (LOA)13,55 m (44'6")Cruising World, SAIL, sailboatdata concordent. Le « 13,85 m » du texte de l'annonce n'est pas confirméà vérifier sur les papiers.
Longueur flottaison (LWL)12,35 m (40'6")Cruising World
Bau (largeur)4,20 m (13'9")Cruising World, sailboatdata. Annonce : 4,20/4,30 m → à vérifier.
Tirant d'eau2,20 m — confirméConfirmé par l'équipage/propriétaire (29/07), tranche l'incertitude détaillée ci-dessous
Déplacement~10 000 kg (lège, essais) — ~12 500 kg en charge (annonce)Les deux sont plausibles : 10 t = déplacement lège d'essai, 12,5 t = en charge. À vérifier sur plaque CE.
Lest~3 400 kg, plomb, bulbe (ratio lest/dépl. 34 %)Cruising World / sailboatdata (7 500 lb, lead). Le texte « fonte » du manuel d'origine est corrigé : les essais indiquent plomb. À confirmer.
Surface de voiles (au près, GV + génois)~125 m² (1 345 sq ft)Cruising World / SAIL
Surface « 100 % triangle avant »~100 m² (1 092 sq ft)sailboatdata (base de calcul, pas la voilure réelle)
Spi (asymétrique/symétrique)non publié précisémentà mesurer sur les voiles du bordnon trouvé, non inventé
MoteurYanmar diesel, saildrive — puissance : voir §1 moteur ci-dessous⚠️ contradiction non tranchée
Réservoir gasoil~270 L (essais) / ~200 L (annonce)À jauger physiquement. Écart réel possible selon version.
Réservoir eau douce~400 L (essais) / 400–500 L (annonce)À jauger.
Cabines / salles d'eau4 cabines (dont 1 avec couchettes superposées) / 2 salles d'eauConfirmé par l'équipage/propriétaire (29/07) — cohérent avec le plan du chantier (§4)
Coque / pontGRP (polyester-verre), pont parfois teakreviews
MâtaluminiumSeldén (essais/manuel) ou Sparcraft (annonce/notes)⚠️ à vérifier sur le profil : plaque ou marquage du mât.
Catégorie de conception CEA — « Océan »Confirmé (la gamme Salona est certifiée Ocean A). Vérifier la plaque CE du bord.
Architecte / chantierJ&J Design / AD Boats – Salona Yachts (Croatie)confirmé

Le point tirant d'eau — ✅ TRANCHÉ (29/07)

Il existe plusieurs quilles sur le Salona 45 selon les exemplaires, ce qui explique les valeurs contradictoires trouvées dans la presse et l'annonce. Valeurs historiquement citées, pour mémoire :

Version de quilleTirant d'eauSource
Quille standard (bulbe)2,11 m (6'11")Cruising World, sailboatdata (« minimum » sur l'annonce)
Quille profonde / « race keel » (bulbe plomb)2,54 m (8'4")Cruising World, Sailing World
Valeurs intermédiaires citées2,30 m (texte annonce) · 2,40 m (ancienne estimation prudente retenue avant confirmation)annonce / estimation
Quille GRP / peu profonde (shoal), si existante~1,80–1,90 m (non applicable ici)évoquée sur le modèle, écartée pour cet exemplaire
✅ Valeur confirmée pour « Rackham » : tirant d'eau = 2,20 m (confirmé par l'équipage/propriétaire, 29/07/2026). Cette valeur remplace l'ancienne estimation prudente de 2,40 m utilisée en attendant confirmation — retenir 2,20 m pour la route et le choix des mouillages. Les valeurs du tableau ci-dessus restent affichées à titre d'historique (pourquoi la presse et l'annonce se contredisaient), mais ne sont plus la référence à utiliser.

Le point moteur (⚠️ à vérifier — NON tranché)

Sources §1 : Cruising World (« Salona 45, Can You Say Fast Croatian? »), Sailing World (« A Cruiser Fit to Race »), SAIL Magazine, sailboatdata.com (fiche Salona 45), Yanmar Marine (gamme 4JH4/4JH45), annonce xboat.fr.

1bis. VOILES, SÉCURITÉ, ÉLECTRONIQUE & CONFORT — CONFIRMÉ PAR L'ÉQUIPAGE (29/07)

Contrairement au reste du §1 (croisé presse/annonce/forums, incertitudes assumées), cette section vient d'une vérification directe à bord — source de premier ordre, priorité sur toute donnée générique ci-dessus en cas de contradiction.

Voilerie

Sécurité — vérifié

Électronique & navigation

Confort & loisirs

⚡ Performances — un bateau réputé rapide

Le Salona 45 a une vraie réputation de croiseur-régate performant, pas juste un voilier de croisière confortable — c'est un des arguments qui revient le plus souvent dans la presse nautique et chez les propriétaires.

📐 Fiche technique officielle du chantier — retrouvée dans les archives Web (30/07)

Retrouvée le 30/07 via le Wayback Machine (archive.org) : la page technique officielle du modèle 45 sur l'ancien site du chantier (salonayachts.com), capturée le 15/07/2013, avant que le site actuel ne retire ce modèle discontinué. C'est une source de premier ordre (le chantier lui-même), qui vient trancher plusieurs points laissés ouverts au §1.
Donnée (fiche constructeur d'origine)Valeur
LOA (coque)13,55 m
LWL (flottaison)12,35 m
Bau max. (pont)4,25 m
Tirant d'eau (2 versions)2,10 m / 2,55 m
Lest3 500 kg
Déplacement lège (DSPL empty)10 500 kg
Gréement (I / J / P / E)16,89 m / 5,50 m / 16,00 m / 5,75 m
Grand-voile (lattes complètes)52,90 m²
Génois enrouleur69,60 m²
Réservoir eau douce400 l
Réservoir eaux noires40 l
Réservoir gasoil290 l
Moteur39,6 kW (54 ch)
Catégorie de conceptionA — Océan
Certification CEGermanischer Lloyd
Architecte / design intérieurJ&J Design / AD Boats Ltd.
Le point moteur (§1) est donc tranché par la source constructeur elle-même : 54 ch. Le « 39 CV » isolé de la fiche xboat est très probablement une confusion avec les « 39,6 kW » de cette même fiche officielle (kW pris pour des CV) — donc pas une motorisation différente, une erreur de saisie. Cohérent aussi : 52,90 + 69,60 = 122,5 m² de voilure au près, proche des « ~125 m² » déjà retenus au §1.

Descriptif d'époque du chantier (page « Description », même archive) : « The story about the Salona 45 is a story with a four-year success in AD boat's doing business. She was presented in Düsseldorf at the nautics trade fair and till today she has readily met the needs of the global market. This luxury cruising boat with a stress on sportive line became a synonym for speed and comfort. » Intérieur en acajou de série (options teck ou merisier), 3 plans d'aménagement proposés à l'époque : 3 cabines/2 salles d'eau (standard), 4 cabines/2 salles d'eau, ou 3 cabines/2 salles d'eau + douche séparée.

🗞️ Essais de presse — citations exactes retrouvées (page « Tests » du chantier, archive 2013)

La page officielle listait 9 essais de presse internationaux avec citation et date. Trois des PDF originaux sont eux-mêmes retrouvés et accessibles dans les archives (liens ci-dessous, vérifiés fonctionnels le 30/07) ; les autres n'existent plus qu'en citation (site du magazine disparu ou non archivé).
Magazine (pays)DateCitation
Sailing World (USA)09/2006« The Salona 45 stands out from the crowd for several reasons: price, workmanship, attention to detail in design and construction, and willingness by the yard to accommodate buyers. » — Tony Besinger
Cruising World (USA)08/2006« The rakish Salona 45 is a swift, weatherly and uncannily stable cruising boat. » — Nim Marsh
Solo Vela (Italie)04/2006« La barca è stata pensata per la crociera veloce e raggiunge facilmente il suo obiettivo. » — PDF original (archive.org)
Boating New Zealand04/2006« The boat tracks surely – it became a trick to take our hands off the wheel to see the yacht steering herself. » — PDF original (archive.org)
SAIL Magazine (USA)04/2006« The Salona 45 is a pretty boat with attractive accommodations, good speed potential and substantial, neat construction. » — Tom DovePDF original (archive.org)
Segeln (Allemagne)06/2005« Die Salona 45 macht eine gute Figur: Feurig auf dem Wasser, unter Deck einladend und freundlich. »
Navegar (Espagne)04/2005« El Salona 45 es un barco que apunta alto… »
Yachting World (UK)10/2004« The Salona is a pleasant surprise: carefully built, well designed and cleverly thought out. She sails beautifully and looks good, too. »
Yachtrevue (Autriche)10/2004« Flotte Dalmatinerin — erstaunlich viel und gut segelndes Schiff fürs Geld. »

📷 Photos retrouvées dans les PDF de presse d'époque (extraites le 30/07)

Les 3 PDF de tests n'étaient archivés que partiellement par le Wayback Machine (capture coupée en 2009, environ 20 % du fichier d'origine) : impossibles à ouvrir tels quels, mais les images qu'ils contiennent ont pu être extraites directement des octets récupérés. Ce sont des photos de presse d'époque (2006), pas forcément Rackham (exemplaire non identifié), mais bien le modèle Salona 45.
Salona 45 de nuit, magazine Boating New Zealand (2006) — photo d'ambiance, contexte exact non précisé Plan de profil et de voilure du Salona 45 (SAIL Magazine, 2006) : silhouette de coque, quille à bulbe, gréement — plan technique, pas un plan de pont, pas de poste de barre visible

Toujours pas trouvé (honnêteté maintenue) : polaire de vitesse chiffrée, résultats de régate documentés pour cet exemplaire précis, vrais plans/dessins techniques du chantier (les 4 images liées depuis la fiche technique officielle ont été testées une par une le 30/07 — les 4 renvoient 404, elles n'ont jamais été capturées par le robot), photos de la galerie d'époque du chantier (même constat, 404 confirmé).

Note de recherche (29-30/07) : la page Facebook officielle Salona Yachts a aussi été explorée (reels + albums photo) en espérant trouver des vidéos de navigation du modèle 45 au portant/au près. Aucune vidéo ni album n'a pu être identifié avec certitude comme montrant spécifiquement le 45 — la page actuelle du chantier met surtout en avant ses modèles en production aujourd'hui (39, 46, 380), le 45 n'étant plus fabriqué.

Le « bateau showroom » (annonce d'époque, chantier)

⚠️ Autre exemplaire, PAS Rackham — retrouvé dans les archives (30/07) : une annonce du chantier pour son bateau de démonstration (salons nautiques + presse, ~2006-2008). Il a une DOUBLE barre à roue — donc différent de Rackham (une seule roue, confirmé §4). Cité ici uniquement pour ce qu'il révèle sur les options possibles d'usine.

Équipement de cet exemplaire particulier : pont tout teck, double barre à roue, bow-thruster, gréement dormant en rod-rigging, pataras hydraulique, chauffage Webasto, électronique Raymarine/SIMRAD, étrave et tangon de spi carbone, 6 winches Harken (2×n°54 + 4×n°44), garantie coque 5 ans / électronique 2 ans. Aucune de ces options n'est confirmée sur Rackham — simple aperçu du catalogue d'options du chantier.

2. ARCHITECTURE & CONSTRUCTION

La signature Salona : le cadre structurel en acier inoxydable

C'est l'élément qui distingue le Salona 45 de la production de série de sa génération. Là où beaucoup de voiliers reposent sur un contre-moule stratifié collé, le Salona intègre un véritable châssis en acier inoxydable soudé, laminé dans la coque derrière la cloison principale. Ce cadre reprend les trois efforts majeurs du bateau :

Les charges transitent donc par la structure métallique avant d'être réparties dans la coque. Résultat : rigidité longitudinale élevée, moins de concentrations de contraintes, meilleure tenue du réglage de gréement, très bonne résistance à la fatigue. Les propriétaires décrivent une impression « monolithique ». Après ~20 ans de flotte, aucun défaut structurel chronique n'est ressorti.

Limite / vigilance : l'inox n'aime pas l'eau de mer stagnante. Une infiltration chronique dans les fonds peut créer corrosion caverneuse (crevice corrosion) et corrosion galvanique, en particulier autour des points de passage des boulons de quille. → Le cadre doit rester parfaitement sec. Une inspection complète (tous fonds ouverts, lampe puissante, miroir télescopique) est la mesure de santé n°1 du bateau.

Coque, quille, compartiments

Sources §2 : SAIL Magazine (description du cadre inox), Cruising World, Sailing World, retours propriétaires (forums), manuel technique du bord (corrigé).

3. POINTS FORTS / POINTS FAIBLES CONNUS

Points forts (retours convergents)

Points faibles / points de vigilance (sourcés)

1

Entrée d'eau dans le coffre de barre (gavone de poupe) — premières versions (avant ~2008). Retour propriétaire (forum, IT) : le coffre arrière est étanche (« stagno »), mais les évacuations à la mer font des circuits compliqués sans siphons, si bien qu'au près l'eau remontait par la tuyauterie de la pompe de cale dans le coffre arrière.

Vérifier la présence de siphons / cols de cygne sur les évacuations du coffre de barre ; en poser si absents ; tester la pompe de cale du coffre ; ne pas y stocker d'électrique critique sans protection.
2

Finitions intérieures des coffres. Retour propriétaire : dans les coffres arrière (accès depuis les cabines), fibre de verre laissée brute (non vernie) et cloisons qui bougent.

Vérifier la solidité de fixation des cloisons (elles participent à la rigidité) ; chercher tout délaminage dans les zones de fibre apparente.
3

Bôme bas. Retour propriétaire (forum, DE) : « la bôme est basse sur ce modèle, aux manœuvres il faut baisser la tête ». La GV peut toucher la capote au près.

Risque de choc à la tête : anticiper les postes d'équipage et les empannages ; envisager une casquette/protection.
4

Saildrive — joint SPI (membrane) et huile de transmission. Point de vigilance générique et documenté sur les saildrive : l'eau (surtout salée) peut s'infiltrer inaperçue dans l'embase et détruire le réducteur par corrosion / manque de lubrification. Le joint (diaphragme caoutchouc) a une durée de vie constructeur de ~7 ans (5–10 ans max) souvent négligée.

Contrôle huile saildrive avant chaque départ (pas d'aspect laiteux = pas d'eau) ; connaître la date du dernier remplacement du joint.
5

Boulons de quille après talonnage. Le tirant d'eau important expose au talonnage ; un choc violent (roche) peut mettre les boulons en contrainte, micro-fissurer le stratifié, solliciter le cadre inox. Sur un modèle voisin (Comet 45S), une défaillance de boulons de quille a mené à la perte du bateau (défaut de précontrainte + corrosion galvanique boulon/écrou).

Après tout talonnage : sortie de l'eau, contrôle boulons/écrous, cadre inox, joint coque-quille. Avant grande traversée : faire vérifier le couple de serrage par un pro (bateau suspendu, pas posé sur sa quille).
6

Isolation phonique du compartiment moteur parfois jugée insuffisante (confort).

7

Rappel Seldén (mâts 2004–2008). Seldén a publié un rappel sur certaines ferrures d'étai (faiblesse en fatigue) montées sur des mâts de cette période.

Vérifier n° de série du mât + référence de la ferrure d'étai + historique. Si déjà remplacée par la version renforcée = résolu. (À vérifier — dépend du profil réel : Seldén vs Sparcraft.)
Aucun de ces points ne remet en cause la conception générale. Ce sont des vérifications ciblées, pas des défauts rédhibitoires.

Sources §3 : Cruising World, SAIL, Sailing World, forums propriétaires (retours IT/DE cités), rapport d'enquête Comet 45S (analogie boulons de quille), avis technique Seldén.

4. PHOTOS D'ILLUSTRATION — PLAN, PONT, GRÉEMENT & INTÉRIEUR (AUTRES EXEMPLAIRES, PAS RACKHAM)

⚠️ Historique de correction (27/07) : un premier lot de photos (annonce xboat.fr 3027, 2007) a été mis en ligne puis retiré : il montrait un poste de barre à DOUBLE roue, alors que « Rackham » a une SEULE roue (confirmé sur les photos réelles de l'équipage, ex. g-20.jpg). Deux photos mal étiquetées de ce lot (montrant en fait le même cockpit à double roue) ont été retirées une seconde fois le même jour après vérification plus poussée.
Le lot ci-dessous vient d'un autre exemplaire (voilier de charter « Nati », Croatie, plus le vrai plan du chantier) — choisi parce qu'il est cohérent avec Rackham sur le point vérifié qui avait fait échouer le premier lot : une seule roue à la barre (confirmé sur deux photos indépendantes ci-dessous). Ce n'est toujours pas la preuve que c'est le même bateau — juste un exemplaire dont la configuration ne contredit pas ce qu'on sait de Rackham. Les valeurs « annonce » du tableau §1 restent à vérifier sur les papiers du bord, indépendamment de ces photos. Cliquer sur une photo l'agrandit.

Le plan du bord (aménagement complet)

Plan schématique officiel du chantier — cabines, salon, cuisine, salles d'eau, poste de navigation, vus de dessus. Utile pour se repérer avant même de monter à bord.

Plan schématique du Salona 45 vu de dessus : 4 cabines, salon, cuisine, salles d'eau, poste de navigation

Pont & cockpit — configuration à une seule roue (cohérente avec « Rackham »)

Poste de barre à une seule roue, confirmé sur deux photos prises sous des angles différents du même bateau — cohérent avec « Rackham ». Plus le pont avant (davier d'étrave, sortie de chaîne).

Cockpit vu de trois quarts : une seule roue à la barre, capote, winches — configuration cohérente avec Rackham Cockpit vu de l'arrière : une seule roue confirmée sous un second angle Pont avant : étrave, davier, main-courante Davier d'étrave et sortie de chaîne, vu de dessus

Gréement (dormant & mât) — exemple générique

Vue du mât et des barres de flèche depuis le pont d'un autre exemplaire — utile pour se représenter les points de contrôle du §5.5, mais le mât de « Rackham » lui-même reste non confirmé Seldén ou Sparcraft (voir §1 et synthèse finale) : ne pas déduire la marque du mât de cette photo.

Mât vu du pont (autre exemplaire) : barres de flèche, haubans, étai — exemple générique Vue d'ensemble du gréement dormant sur le profil d'un autre exemplaire — exemple générique

Intérieur — poste de nav, salon, cuisine, cabines, tableau électrique, salle d'eau

Photos du même exemplaire cohérent (charter « Nati ») : poste de navigation (VHF, Raymarine), salon et cuisine, deux cabines (dont une à bannettes — variante utile pour un équipage nombreux), la salle d'eau, et le tableau électrique — celui-ci porte le même schéma de feux de navigation que sur les tableaux Salona 45, à titre d'exemple du type d'information qu'on doit retrouver sur le tableau réel du bord (§5.4). Plus le moteur Yanmar (cf. §5.1), gardé de l'ancien lot (le moteur ne dépend pas de la configuration du cockpit).

Tableau électrique avec schéma des feux de navigation et libellés des circuits — à comparer au tableau réel du bord Poste de navigation : instruments Raymarine, VHF, autopilote Salon et cuisine, vue large : banquette, table, coin cuisine Cuisinière à gaz avec four, gros plan Cabine avec couchette double Cabine à bannettes superposées (variante 4 cabines) Salle d'eau vue de dessus : lavabo et WC marin Moteur Yanmar (autre exemplaire), vu par la trappe de visite — exemple générique

Confirmation de la configuration « 4 cabines » (dont 1 à bannettes) — même exemplaire

Photos réelles d'un Salona 45 de 2008 vendu en version 4 cabines / 2 salles d'eau (annonce du courtier Mediaship, Fiumicino) — la même configuration que celle confirmée par l'équipage/le propriétaire pour « Rackham » (§1bis). On y voit la cabine double classique, la cabine à bannettes superposées sous deux angles, et la salle d'eau attenante.

Cabine double classique, hublot au-dessus de la couchette — Salona 45 2008, version 4 cabines Cabine à couchettes superposées vue de face — Salona 45 2008, version 4 cabines Cabine à couchettes superposées vue en contre-plongée — Salona 45 2008, version 4 cabines Salle d'eau attenante — lavabo, WC marin — Salona 45 2008, version 4 cabines

Source : annonce Yachting Address / courtier Mediaship (Fiumicino), Salona 45 2008 — PDF complet de l'annonce. Fiche technique de cette annonce : 4 cabines, 2 WC, tirant d'eau 2,55 m (valeur propre à CET exemplaire, ne remplace pas le 2,20 m confirmé pour « Rackham »). Toujours pas Rackham lui-même — sert uniquement à illustrer la configuration à 4 cabines / 1 bannette.

Sources : plan et photos cockpit/intérieur — voilier de charter « Nati » (Salona 45, NAS Sailing Center, Croatie), via topsailingcharter.com / base nausys. Moteur — annonce xboat.fr (réf. 3027, 2007). Aucune de ces sources n'est confirmée être « Rackham » — à ne garder que comme illustration générique du modèle, jamais comme référence pour une donnée précise du bord.

5. LES SYSTÈMES, UN PAR UN — CONTRÔLE & EN CAS DE PANNE

Format : pour chaque système, CONTRÔLE (ce qu'on vérifie) puis EN CAS DE PANNE / QUE FAIRE (geste concret à bord).

5.1 Moteur Yanmar (4JH-série) + saildrive

CONTRÔLE (avant chaque départ et en marche) : niveau d'huile moteur (jauge, moteur froid) ; niveau huile saildrive (pas d'aspect laiteux = pas d'eau) ; tension/état courroie alternateur ; jet d'eau régulier à l'échappement (refroidissement OK) ; ralenti stable ; pas de fumée bleue (huile) ni blanche persistante (eau/combustion) ; pas de fuite d'huile/gasoil dans les fonds moteur ; anode saildrive (au carénage).

EN CAS DE PANNE / QUE FAIRE :

5.2 Circuit gasoil (purge / désamorçage)

CONTRÔLE : réservoir (jauge, pas d'eau au fond) ; pré-filtre décanteur (bol transparent : eau/impuretés ?) ; filtre moteur ; durites sans craquelure ; pas de suintement à la trappe de visite du réservoir (point faible premiers millésimes).

EN CAS DE PANNE (moteur qui cale, manque de gasoil, air dans le circuit) — PURGE : 1. Remplir le pré-filtre/décanteur, vider l'eau du bol si présente, remplacer la cartouche si colmatée. 2. Ouvrir la vis de purge du filtre moteur / de la pompe d'alimentation. 3. Actionner la pompe d'amorçage manuelle (levier sur la pompe basse pression) jusqu'à ce que le gasoil sorte sans bulles ; refermer la vis. 4. Sur common-rail (4JH45) : mise du contact quelques secondes fait tourner la pompe d'amorçage électrique ; purger jusqu'à disparition de l'air, puis démarrer. 5. Si le circuit a désamorcé jusqu'aux injecteurs, desserrer légèrement un raccord haute pression, lancer le démarreur jusqu'à sortie de gasoil, resserrer.

5.3 Refroidissement (eau de mer / turbine)

CONTRÔLE : débit d'eau à l'échappement ; crépine/filtre d'eau de mer propre ; état de la turbine (impeller) de la pompe eau de mer ; durites ; niveau liquide côté circuit fermé (si échangeur) ; anode d'échangeur.

EN CAS DE PANNE (plus de jet d'eau / surchauffe) : 1. Fermer les gaz, moteur au ralenti ou stop. 2. Vérifier/ nettoyer la crépine d'eau de mer (souvent bouchée : sac plastique, algues). 3. Vérifier que la vanne d'entrée d'eau de mer est ouverte. 4. Contrôler/remplacer la turbine (impeller) : fermer la vanne, ouvrir le couvercle de pompe, extraire la turbine, récupérer tous les fragments en aval (dans l'échangeur) si des pales manquent, monter une turbine neuve graissée, rouvrir la vanne. 5. Contrôler la courroie entraînant la pompe. 6. Si toujours chaud : thermostat bloqué ou échangeur entartré/bouché.

5.4 Électricité 12 V — batteries / alternateur / 230 V

CONTRÔLE : parcs séparés (moteur / servitude / éventuel propulseur d'étrave) ; tension au repos (>12,4 V bon, <12,2 V faible), en charge (13,8–14,4 V) ; serrage/propreté des masses (source n°1 de pannes fuyantes) ; fusibles calibrés (jamais surcalibrer) ; connexions non chaudes (<50 °C) ; alternateur (tension moteur tournant) ; sur 230 V : prise de quai, différentiel (tester le bouton test), chargeur (ventilation).

EN CAS DE PANNE :

5.5 Gréement dormant & courant

CONTRÔLE dormant : haubans/étai/pataras (torons cassés, coudes, corrosion des sertissages), ridoirs (marquer la position, jeu, corrosion), cadènes (fissures gelcoat autour, axes, goupilles), barres de flèche (embouts anti-ragage), ferrure d'étai (rappel Seldén). Tension au fréquencemètre/dynamomètre (tolérance constructeur). Montée au mât avant grande traversée. CONTRÔLE courant : drisses/écoutes (gaine, zones durcies/aplaties, usure aux bloqueurs et réas), enrouleur de génois (émerillon, câble), winches (rotation, cliquets), bloqueurs (mâchoires).

EN CAS DE PANNE :

5.6 Safran & mèche

CONTRÔLE : jeu vertical/latéral de la mèche (bagues/roulements sup. et inf.) ; état inox de la mèche ; pelle composite (fissures, délaminage, cloques) ; compartiment étanche du safran ; rotation fluide, sans point dur ni claquement.

EN CAS DE PANNE :

5.7 Direction (roue, drosses, secteur, pilote)

CONTRÔLE : drosses (usure, allongement, corrosion des embouts, début d'effilochage) ; poulies de renvoi (rotation, alignement) ; secteur bien serré sur la mèche ; pilote automatique (fixation du vérin, jeu, conso).

EN CAS DE PANNE :

5.8 Guindeau & mouillage

CONTRÔLE : ancre principale moderne + chaîne calibrée (usure/galva des maillons, marquage des longueurs) ; ancre secondaire ; guindeau (montée, descente, débrayage manuel, disjoncteur/fusible, connexions arrosées) ; bloqueur de chaîne ; émerillon/manille de tête.

EN CAS DE PANNE :

5.9 Pompe de cale & voies d'eau

CONTRÔLE : pompe électrique (auto + manuelle au tableau) ET pompe manuelle — tester les deux réellement ; contacteur à flotteur ; crépines propres ; refoulement clair. Repérer et étiqueter chaque passe-coque ; cheville bois amarrée à chaque vanne.

EN CAS DE PANNE / VOIE D'EAU : voir §6.1 (procédure complète).

5.10 Eau douce

CONTRÔLE : réservoir(s) (fixation, odeur, raccords) ; pompe de pression (démarre à la baisse, s'arrête après fermeture — si elle repart seule toutes les X min = fuite/clapet) ; chauffe-eau (fuite, groupe de sécurité) ; raccords rapides.

EN CAS DE PANNE :

5.11 WC marin & eaux noires

CONTRÔLE : pompage facile, étanchéité, pas d'odeur (durites poreuses avec l'âge), vannes AV/AR, réservoir eaux noires si présent.

EN CAS DE PANNE : blocage = calcaire / clapets usés / corps étranger → révision de la pompe (kit de joints à bord) ; fermer les vannes en cas de fuite ; rincer abondamment à l'eau douce avant hivernage.

5.12 Électronique & pilote

CONTRÔLE : sondeur, loch, girouette/anémomètre, GPS, VHF, AIS, pilote — tous communiquent (bus NMEA) ; capteurs immergés propres/calibrés ; feux de navigation (une LED HS peut rendre non conforme) ; étanchéité des passages de câbles dans le mât.

EN CAS DE PANNE : redondance obligatoire au large → GPS/portable de secours, compas de relèvement, VHF portable étanche. Un instrument mort ≠ danger si on a le secours ; vérifier alim/fusible et connectique (corrosion) d'abord.

Sources §5 : manuel technique du bord (réorganisé/corrigé), documentation Yanmar 4JH (purge/refroidissement), retours propriétaires saildrive, pratiques standard de sécurité hauturière.

6. PROCÉDURES D'URGENCE

Règle d'or : garder son calme, sécuriser l'équipage (gilets, longes), appeler à l'aide tôt (VHF 16 / DSC), et se rappeler que le bateau ne se répare pas confortablement à la mer — viser le port sûr le plus proche dès le doute.

6.1 Voie d'eau

1

Localiser l'entrée d'eau (passe-coques d'abord — la cause la plus fréquente : durite/vanne).

2

Pompes : enclencher pompe électrique + pompe manuelle ; répartir l'équipage à l'écopage si nécessaire.

3

Colmater : si c'est un passe-coque

fermer la vanne ; durite cassée → enfoncer la cheville bois conique dédiée + colliers ; brèche coque → tampon (coussin, voile, mastic sous-marin, jeu de fibre/époxy).
4

Réduire la pression d'eau : changer d'amure / ralentir / mettre la brèche hors de l'eau (contre-gîte).

5

Alerter (VHF 16 / DSC / EPIRB si la situation dégénère). Préparer le radeau sans l'armer tant que le bateau flotte.

6

Les compartiments étanches AV/AR limitent l'envahissement : vérifier que leurs cloisons ne fuient pas vers le carré.

6.2 Avarie de barre / safran (barre de secours)

6.3 Démâtage

1

Sécurité équipage d'abord : écarter tout le monde des câbles/mât qui battent.

2

Couper le moteur ou l'embrayer avec prudence (risque de prendre gréement/bouts dans l'hélice).

3

Sécuriser le mât le long de la coque s'il est récupérable (bosses), sinon le larguer pour qu'il ne perce pas la coque : sectionner haubans/étais aux ridoirs (pince coupe-boulon / cisaille à ridoirs — à avoir à bord) ou dégoupiller.

4

Récupérer ce qui peut l'être (bôme, voiles, gréement) pour un gréement de fortune (tangon en mât de fortune).

5

Alerter (VHF/DSC). Faire route au moteur si l'hélice est dégagée.

6.4 Homme à la mer (MOB)

1

Crier « HOMME À LA MER », désigner un veilleur qui pointe la victime en continu.

2

Jeter immédiatement bouée + perche IDAN/lumière.

3

Appuyer sur la touche MOB du GPS/VHF DSC (marque la position).

4

Manœuvre de retour (demi-tour Boutakov / anse de Wilson, ou virement rapide) ; sous voile : choquer, revenir au vent de la victime, s'arrêter face au vent près d'elle.

5

Reprise à bord : bout/échelle/palan de récupération (une personne épuisée ou inconsciente ne remonte pas seule) ; VHF 16 si difficulté.

6

Prévention : longes + lignes de vie de nuit et par gros temps, gilets automatiques à jour.

6.5 Panne moteur au port

6.6 Incendie moteur

1

Couper le moteur et le coupe-batterie, fermer la vanne de gasoil (arrêter l'alimentation du feu).

2

NE PAS ouvrir grand le capot moteur (l'air relance le feu) : utiliser l'orifice pare-feu de la trappe si présent pour y passer l'extincteur (compartiment moteur = extincteur dédié à proximité).

3

Extincteur poudre/CO₂ par l'orifice ; couper la ventilation.

4

Une fois éteint, ne pas rouvrir trop vite (reprise), refroidir.

5

Alerter (VHF 16), préparer l'évacuation (radeau) si le feu n'est pas maîtrisé.

6

Après extinction : moteur hors service jusqu'à inspection

✅ gérer à la voile / mouillage.

Sources §6 : pratiques standard de sécurité hauturière + spécificités du bord (barre de secours sur tête de mèche, compartiments étanches, extincteur moteur).

7. PIÈCES DE RECHANGE À EMBARQUER + OUTILLAGE

Pièces par système

SystèmeÀ embarquer
Moteur2 turbines (impellers) + joints de pompe · 2 courroies alternateur · 2 filtres à gasoil + cartouche pré-filtre · 1 filtre à huile · thermostat · durites critiques de refroidissement + colliers inox · 5 L huile moteur (grade Yanmar, ex. 15W40) · liquide de refroidissement
Saildrivekit joint SPI (membrane) selon planning · huile de transmission (≈1 L) · anode saildrive de rechange
Direction / safrandrosse ou filin de rechange + embouts/serre-câbles · manilles · vérifier la barre franche de secours est à bord et adaptée
Gréementmanilles, axes + goupilles de ridoirs, bouts (drisse/écoute de secours), réas, mousquetons · cisaille à ridoirs / coupe-boulon (démâtage) · bout Dyneema pour hauban de fortune
Électricitéfusibles assortis (5/10/15/20 A + principal) · cosses · câble · gaine thermo · scotch auto-amalgamant · quelques LED + ampoules feux · multimètre
Plomberie / calepompe de pression de secours + pressostat · durites alimentaires + raccords rapides · kit de joints WC · colliers inox · crépines
Passe-coques1 cheville bois conique par vanne (amarrée à poste) · durite de secours · colliers inox
Coquerésine époxy + durcisseur + tissu de verre · mastic PU/sous-marin · mastic époxy à prise rapide
Voilerieaiguilles, paume, fil, adhésif spécial voile (spi + dacron), ris de fortune
Mouillageorin, manille supplémentaire, bloqueur de chaîne, manivelle de guindeau

Outillage de bord

Clés mixtes complètes · douilles · clé dynamométrique (boulons de quille / accastillage) · tournevis · pinces · pince à sertir cosses · pince coupe-câble/coupe-boulon · multimètre · fer à souder · lampe frontale + lampe puissante · miroir télescopique d'inspection · graisse marine, Loctite, dégrippant · assortiment vis/écrous/rondelles inox A4 · colliers inox.

Sources §7 : manuel du bord (listes fusionnées et complétées), pratiques hauturières standard.

8. ENTRETIEN

Avant chaque traversée (check départ)

Mensuel (en saison)

Annuel (carénage / hivernage)

Tous les ~5 ans

Budget d'entretien indicatif (repère, à ajuster)

Carénage 1 000–2 000 € · moteur 500–1 000 € · anodes 100–250 € · voilerie 300–800 € · électricité 200–600 € · divers 500–1 000 € → ~3 000 à 6 000 €/an hors place de port et assurance ; grosses dépenses (voiles, gréement dormant, électronique, moteur) à anticiper sur plusieurs années. (Ordres de grandeur, non contractuels.)

Sources §8 : manuel du bord, préconisations constructeur (Yanmar / saildrive), pratiques d'entretien standard.

SYNTHÈSE DES POINTS À VÉRIFIER PHYSIQUEMENT SUR « RACKHAM »

Avant tout départ, lever ces incertitudes sur le bateau et ses papiers :

1

Accord de réception des voiles neuves avec le propriétaire — seul point encore ouvert côté voilerie (voir §1bis), sinon confirmé.

2

Moteur exact — plaque Yanmar : référence (4JH45 54 ch ? autre ?) + n° de série + heures.

3

Capacités réelles gasoil et eau (jaugées).

4

Mât : Seldén ou Sparcraft ? + statut du rappel ferrure d'étai (si Seldén 2004–2008).

5

Lest plomb vs fonte, et couple de serrage des boulons de quille (contrôle pro avant transat).

6

Coffre de barre : présence de siphons sur les évacuations (entrée d'eau des premières versions).

7

Joint SPI du saildrive : date du dernier remplacement.

8

Compartiments étanches AV/AR : étanchéité effective des passages de cloison.

Document rédigé selon le principe du Bouclier de Vérité : données croisées, incertitudes assumées et marquées « à vérifier », sources citées par section, aucun trou comblé par de l'invention. Il consolide et corrige le manuel interne du bord (51 chapitres) et l'enrichit des essais de presse et retours de propriétaires réels.